Conférence d'Eckart Tolle de fin 2012 retranscrite en français. Imprimer Envoyer

 

 

 La peur de la mort et le moment présent.

Nous commençons à nous sentir à l'aise avec le moment présent, un état de conscience toujours inhabituel pour la plus grande partie de la population de notre planète : commencer à se sentir à l'aise avec le moment présent. Ça a l'air très simple... Et c'est très simple, mais pour le mental embrouillé et qui complique tout, c'est la chose la plus difficile, parce que le mental demande tout de suite : comment est-ce que je fais ça ? Il assimile le fait de commencer à se sentir à l'aise avec le moment présent à quelque chose qui serait à faire, sans réaliser que se sentir à l'aise avec le moment présent concerne l'être, lequel est toujours antérieur au faire et d'une importance bien plus capitale.

Et vous ne pouvez pas vraiment accéder à l'être – non pas y accéder – devenir conscient de l'être en faisant quoi que ce soit. Il précède toujours le faire, il en est le fondement même. Ouah, c'est un soulagement ! Nous n'avons rien à faire. Nous pouvons simplement être. Maintenant, pour le mental, ça n'a quasiment pas de sens ou il se précipitera pour demander : "Qu'est-ce que tu entends par être simplement ? Si je suis simplement, je ne ferai plus jamais rien". Bien sûr, ça n'est pas le cas.

Se sentir bien avec le moment présent, c'est vous sentir bien avec qui vous êtes dans l'instant, l'essence de qui vous êtes, non pas une structure mentale qui vous dit qui vous êtes. Mais quelque chose de plus fondamental, l'aspect "vie" de qui vous êtes qui sous-tend toute structure mentale et toute agitation de la pensée. C'est déjà là. Nous pouvons utiliser différentes choses pour en indiquer la direction, mais cela doit être une réalisation en vous maintenant – non pas une chose conceptuelle, non pas basée sur une compréhension conceptuelle – une réalisation plus profonde de votre présence même ici qui précède les pensées qui en émergent.

Bien, nous devons faire attention aux mots que nous utilisons. Je dis : "Pouvez-vous sentir la présence que vous êtes ?" On peut le dire comme pour pointer la direction. La réponse à cela requiert de ne pas penser. Vous ne pouvez pas dire : "Laissez-moi réfléchir pour vérifier si je peux sentir la présence que je suis, laissez-moi y réfléchir ! Non, je ne peux pas !". Bien sûr que vous ne le pouvez pas, par la pensée, non ! C'est seulement pour un moment, la pensée doit en arriver à s'arrêter. Il y a un arrêt du flot des pensées. Par exemple, maintenant ! Et dans cet arrêt du flot des pensées – ne vous inquiétez pas, vous allez repenser après ça ! Vous n'allez pas renoncer à vos aptitudes importantes, ni à tout le savoir que vous avez accumulé. Tout sera toujours là. "OK, c'est OK, on n'a donc pas besoin de s'en faire !"

Mais dans cet instant d'arrêt de la pensée, que reste-t-il, comme maintenant ? Je fais ça, parce que – en bougeant ma main de cette façon, j'ouvre cet espace, pour ainsi dire, symboliquement ou peut-être même énergétiquement, qui sait ? En ouvrant cet espace, où il y a un instant d'arrêt de la pensée et simplement l'être, la présence, la conscience, sans contenu.

Et vous êtes toujours vous-même, vous n'avez pas perdu votre identité quoique dans cet instant, vous ne vous rappeliez pas votre passé, ni même votre numéro de téléphone, Ni votre nom, ni votre adresse. Vous ne vous en rappelez pas dans cet instant. Vous n'avez pas besoin de nommer qui vous êtes, vous n'avez pas besoin de vous rappeler ce qui vous est arrivé quand vous étiez un petit enfant, ni ce qui s'est passé pendant votre dernier mariage – pour vous dire qui vous êtes.

Il y a donc ici une identité en tant qu'essence qui n'est pas basée sur le passé, sur rien qui vous soit arrivé dans le passé, sur aucune histoire dans votre mental, parce que la mémoire – votre passé est constitué d'histoires dans votre tête et peut-être de certaines réactions émotionnelles aux histoires dans la tête.

 

 

Le précieux de qui vous êtes, la chose que personne ne voudrait perdre : il y a une profonde – c’est une sorte de réalisation profonde qu’il y a quelque chose de précieux que je suis. "Les gens pensent : "Je vais le perdre, je vais perdre ma vie". Mais évidemment, vous ne pouvez pas perdre votre vie, parce que vous êtes la vie. C’est seulement parce que le mental a créé une dualité entre la vie et "moi" que vous pensez pouvoir perdre la vie. "Il y a moi et j’ai une vie". Non, parce que sans la vie, qui est là ? Il ne peut y avoir personne sans la vie. Vous êtes la vie. C’est une dualité créée par le mental qui engendre beaucoup de peur et d’interprétations fausses.

"Je suis la vie". Donc, pouvez-vous sentir la vie que vous êtes ? Antérieure à toute chose, à toute agitation mentale, antérieure à tout cela. "Je suis", c’est le "je suis" mystique. L’état d’être, la présence, la conscience…… Ces mots en sont seulement des indicateurs de direction. Et c’est joyeux de vous connaître en tant que cela plutôt que la personnalité problématique que nous continuons naturellement de promener avec nous. Tout le monde transporte une personnalité et des conditions de vie problématiques, mais ce n’est pas l’essence de qui vous êtes. Si cela voile l’essence de qui vous êtes, vous êtes perdu dans le monde – dans votre mental, lequel est un monde, parce que vous ne connaissez le monde qu’à travers le mental.

C’est tout à fait libérateur. Vous n’êtes pas ce que vous emportez avec vous dans votre tête, ni même dans votre champ émotionnel. Avant cela, il y a quelque chose de bien plus important : "Je suis", la Présence, la lumière de la Conscience elle-même, ce qui est ultimement divin, encore que j’évite autant que possible l’emploi de cette terminologie, mais c’est ainsi. Nous sommes ici pour le réaliser, juste maintenant. C’est si simple ! Nous n’avons pas besoin de faire quoi que ce soit pour être qui nous sommes. Disons-le à la première personne : je n’ai pas besoin de faire quoi que ce soit pour être qui je suis. Il y a déjà une richesse ici. Et vous n’avez même pas besoin d’être méritant pour être qui vous êtes, ni de faire ceci ou cela. Il y a déjà là la richesse d’être, ici. Et le reste est le jeu de la forme, s’amuser à créer des formes, se déplacer dans le monde et l’apprécier.

Timidement, pas mal de gens ont demandé si le monde allait arriver à sa fin dans quelques années, en 2012. Maintenant, j’ai un petit message pour le futur, le futur qui n’existe pas, sinon en tant que moment présent. Voici le message pour la personne qui nous regarde ici, l’enregistrement, en 2013, et cette personne qui regarde cela bien sûr dans le moment présent – ce n’est pas du tout le futur, parce qu’il n’y a jamais de futur en tant qu’expérience. Voici donc : "Hello, 2013, vous savez déjà que le monde ne s’est pas arrêté, n’est-ce pas ?". OU peut-être que tous les enregistrements vont se dissoudre en 2013 !

 

Je ne fais pas souvent de prédictions pour le futur pour la simple raison qu’ultimement, il n’y a pas de futur. Le futur n’existe, à différents niveaux, que du point de vue ordinaire. On peut dire, ultimement, il n’y a pas de futur ; conventionnellement, il y a un futur. Vous pouvez le vérifier pour vous-même. Du point de vue ordinaire, nous sommes ici pour un petit moment. Ensuite, nous sortirons pour faire une pause, prendre un café. Cela va donc arriver, ça ressemble au futur, c’est la réalité conventionnelle. Ultimement, vous n’expérimenterez jamais ce que je viens de décrire en tant que futur.

La seule façon dont vous pouvez expérimenter ce que j’ai décrit, passer du temps ici, sortir d’ici et prendre un café, c’est en faire l’expérience dans le moment présent, jamais en tant que futur. Il n’existe pas une chose telle que faire l’expérience du futur. Le futur n’est jamais ici. Il est toujours dans le mental. Nous n’avons pas besoin de philosopher là-dessus, parce qu’il est immédiatement évident qu’ultimement, il n’y a pas de futur. Parce qu’autrement, vous pourriez vraiment dire : "Ah, il est là !". Cela s’applique également au passé, mais laissons cela !

OK, je vais pourtant faire une prédiction maintenant, une prédiction de la réalité conventionnelle à propos de la fin du monde. Toutes les personnes qui sont actuellement vivantes sur cette planète, toutes ces personnes seront anéanties dans les prochains 80 ou 90 ans, tout le monde. C’est une chose horrible ! C’est une extermination complète de tous les humains qui sont sur la planète maintenant, en l’espace de quelques années finalement. Disons… soyons généreux… OK, 90 ans, des tout petits enfants iront peut-être jusqu’à 100 ans, mais c’est tout !

Eh bien, le mental va dire : "OK, mais il y en aura d’autres qui seront nés, demain d’autres naîtront et seront encore là plus tard." Oui, c’est vrai, mais toujours du point de vue conventionnel, cela ne vous aide pas beaucoup, n’est-ce pas ? C'est juste une pensée réconfortante dans votre tête. Il y en aura d’autres après moi. OK, la belle affaire ! Vous serez parti, et tous les autres, effacés, disparus ! A travers des maladies terribles! Et c’est appelé… la mort ! Et associée à elle, la vieillesse, la maladie, les accidents. C’est donc la fin du monde, dans la mesure où vous êtes concerné. Pas si terrible, n’est-ce pas ?

J’ai vu un film de science fiction, il y a quelques années – ça pourrait être Star Trek, je ne suis pas sûr – IL y avait un voyageur dans le temps et le voyageur dans le temps arrivait du soi-disant futur. Il arrivait à l’époque actuelle quelque part sur la planète en vue d’assister – Ils se renseignèrent, ils le rencontrèrent et ils réalisèrent qu’il venait du futur. A contrecoeur, il leur donna la raison de sa venue du futur : assister à une sorte de désastre qui allait se produire quelques jours plus tard. Des millions de personnes allaient être tuées. Et il était là en tant qu’observateur intéressé, parce qu’il y avait des enregistrements historiques dans le futur concernant le désastre qui avait tué des millions de gens. Et ils dirent : "IL faut empêcher ça, il faut qu’on fasse quelque chose". Et il répondit : "Non, il n’y a pas moyen de faire quoi que ce soit pour empêcher ce qui doit arriver". Ils lui demandèrent : "Ne voulez-vous pas faire quelque chose ?" "Non", dit-il, "parce que vous êtes déjà tous morts". Pour lui, parce qu’il venait d’un autre temps, les gens auxquels il parlait étaient morts depuis longtemps. Il visitait le passé !

Pourquoi est-ce que je vous raconte cette histoire ? … Parce que la vie de la forme est de si courte durée, fugace, éphémère – et tout autre adjectif que je peux trouver dans le dictionnaire – la vie de la forme est si transitoire que cela pourrait être plus satisfaisant de penser à vous comme étant déjà mort. Fondamentalement, il reste tellement peu de chose que c’est déjà fini ! Est-ce une chose négative ? Eh bien, peut-être pour le mental ! Mais au fond, fondamentalement, je vous fais remarquer une certaine réalité auquel croire, et non pas de croire que vous êtes déjà morts, non, c’est juste une suggestion, pour une attitude intérieure envers la vie. C’est un abandon de l’attachement aux formes de la vie incluant la forme physique du corps et toute autre forme que vous expérimentez autour de vous comme étant votre vie.

Quand vous ressentez vous-même que – la vie est si courte, ça n’est pas si important ce qui se passe ici. Vous vous détachez des formes et une libération survient quand vous êtes déjà mort. Par exemple, une manière d’être déjà mort consiste à ne pas juger ce qui se passe, parce que si vous êtes déjà mort, vous n’avez pas besoin de juger ce qui se passe. Et c’est une grande libération. Vous êtes ici… OK, Je suis déjà mort, ça n’a pas d’importance ! Vous ne jugez pas ce qui se passe et en ne jugeant pas ce qui se passe, quelque chose en vous meurt. Qu’est-ce qui meurt ? Celui qui juge, la partie personnalité en vous qui vit à travers la réaction et le jugement, celle qui veut rester en vie, qui veut s'affirmer en tant que moi, je suis toujours ici, vivant. Et plus vous réagissez contre une chose, plus vous vous sentez vous-même comme une identité en tant que forme, la forme psychologique, même la forme physique parfois quand les gens sont très réactifs. Vous pouvez voir comment ils mettent en valeur même leur présence physique… dans une discussion ou autrement… Ou quand ils se mettent en colère.

C’est là où les vieilles séries de télévision, "L'incroyable Hulk" est basé là-dessus…La forme se gonfle et certaines personnes aimeraient ça. C’est ce qui fait qu’ils aiment regarder l’incroyable Hulk. Même en ce moment, ils le rejouent à la télé. Quand il se met en colère, il devient énorme… ouah, et il devient très puissant ! Tout le monde veut ça.

Il y a donc un besoin égoïque de mettre en valeur son identité en tant que forme, la forme physique, mais plus important encore la forme psychologique de moi. Donc, quand vous pouvez être réactif, vous plaindre à propos de ceci ou de cela, chercher à critiquer des choses, être en désaccord et vous identifier avec votre position mentale, vous renforcez la forme psychologique de moi. Et au fond, comme vous n’êtes pas mort, vous voulez faire valoir que vous êtes ici en tant que forme et plus vous valorisez votre forme – dans l’ancienne philosophie taoïste chinoise, je pense qu’il y a l’image de la montagne et l’image de la vallée. Maintenant, la plupart des gens veulent être une montagne. C’est mettre en valeur son identité en tant que forme. Et plus vous mettez en valeur votre identité en tant que forme, votre identité en tant que forme psychologique, le "moi", plus vous perdez le contact avec votre identité en tant qu’essence, laquelle est au-delà de la forme, laquelle est sans forme, laquelle peut être appelée la vallée, la profondeur de qui vous êtes, au-delà de la personnalité, la petite personnalité. Même les grosses personnalités, les personnalités VIP sont toutes en réalité des petits "moi" juste enflés, enflés pour une petite période jusqu’à ce qu’ils soient effacés de la planète à tout moment au cours des prochains 90 ans. Avec une petite aiguille, ils seront dégonflés par la mort.

Ce que je dis est menaçant pour l’identité en tant que forme, mais c’est apaisant et quelque chose d’autre en vous se sent en fait libéré. C’est la libération de l’identité en tant que forme et c’est une chose merveilleuse. Et donc, quand je dis que vous êtes déjà mort ou que vous pouvez traverser la vie comme si vous étiez déjà mort, tout ce que cela veut dire, c’est que vous pouvez être ici en tant qu’une présence plus profonde que la présence limitée de la personnalité dans la tête, le soi egoïque. Il peut y avoir une profondeur pour qui vous êtes.

 

Donc, ce qui meurt est la forme, car seule une forme peut se dissoudre. La forme meurt. La mort est la dissolution d’une forme.

Donc, il s’agit d’en faire une vraie expérience. Pouvez-vous le faire dans la vie quotidienne et vivre votre vie comme quelqu’un étant déjà mort ? Et ce n’est qu’une façon de dire les choses. Non-jugement du moment présent, c’est tout, simplement le moment présent. Simplement laissez être, laissez être, tel que c’est, parce que c’est, déjà ! Et si vous n’y réagissez pas, vous ne faites pas valoir le moi. Vous devenez la vallée, vous êtes profond. Donc, par le renoncement à la réactivité, vous devenez ce que vous êtes déjà, ce qui est profond mais que vous ne saviez pas.

La profondeur se révèle. Et cette profondeur est plus que "profondeur" qui n’est qu’un mot. Il y a là une intelligence, la vie, la sagesse. De cette profondeur émerge la vie. Les formes peuvent se manifester de cette profondeur. Vous devenez une entité différente quand vous accédez à la dimension de la profondeur en vous. Maintenant le monde entier, peu importe ce que vous regardez à la télé, vous entendrez rarement cela, peut-être très tard dans la nuit, à 2h du matin, ils peuvent en parler… ou probablement pas.

Quand c’est donc actif, vous devenez une entité différente, vous incarnez une énergie complètement différente ici. Vous vous connectez à quelque chose qui est plus profond que – c’est votre propre profondeur et cela va au-delà de ce qui est à vous. Vous vous connectez à la profondeur de la vie même. Et il s’agit bien sûr de la vie qui est éternelle. Il ne s’agit pas des formes de la vie, parce que vous n’avez plus besoin de faire valoir "La forme du moi". Vous pouvez commencer à sentir ce qui est au-delà de la forme en vous. Et c’est paisible, c’est puissant. Et cela vous donne, cela remplace… – Il peut m’arriver de parler – les gens posent souvent des questions à propos de l’estime de soi, il peut m’arriver d’en parler – dans la réalité conventionnelle, on parle de l’estime de soi. Dans la réalité conventionnelle, l’estime de soi consiste à se comparer mentalement aux autres et à se trouver comme n’étant pas si mauvais. Il y en a beaucoup qui sont pires que vous. La base de l’estime de soi implique de se comparer : "Je suis très bon dans ce domaine et meilleur que la plupart". Cela vous donne – il n’y a pas de mal à faire ça, c’est la réalité conventionnelle. Je ne dis pas – je ne dirais certainement pas à un enfant, qui est soudainement fier d’être capable de faire quelque chose, de ne pas agir ainsi. Non, c’est très bien ! Mais à un certain point, nous évoluons et nous dépassons cette réalité conventionnelle où nous n’avons plus besoin de trouver notre valeur ou notre dignité du fait, dans certains domaines, d’être meilleurs que les autres, que les autres soient pires que vous. Ou nous avons mieux réussi que d’autres. Parce que c’est toujours ce qui se passe : pour avoir de l’estime de soi à ce niveau, vous devez vous comparer aux autres et les percevoir comme inférieurs à vous. C’est OK, c’est une chose temporaire ! Les humains sont censés finir par dépasser cette tendance et parvenir à un endroit de valeur ou de dignité qui est infiniment plus profonde que tout ce que l’estime de soi pourrait vous donner du point de vue conventionnel.

Or, cela ne repose pas sur la comparaison. Cela ne repose pas sur le fait d’être meilleur que quiconque, ni sur le fait que les autres soient plus mauvais. Cela survient d’un endroit non conceptuel. C’est le précieux et le pouvoir de la vie elle-même dont vous n’êtes, en tant que corps physique, qu’une expression temporaire, une manifestation temporaire, mais ce qui sous-tend la manifestation temporaire est éternel. C’est l’Unique, c’est la vie elle-même. L’Unique devient le multiple ou semble devenir le multiple dans cette réalité, mais en demeurant au coeur de chaque être en tant que l’Unique. Vous êtes cela.

Vous

 

 
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